Le Grand Théâtre de Bordeaux

Siège de l'Opéra National de Bordeaux, le Grand Théâtre est un monument emblématique de la ville de Bordeaux. Symbole de l'architecture néo-classique du XVIIIe siècle, il s'élève dans ce qui constitue le cœur de la ville depuis l'Antiquité et fut construit à quelques pas seulement de ce qui fut le temple des Piliers de Tutelle, un autre édifice monumental de la Burdigala antique complètement détruit après 1677.

En 1755, année au cours de laquelle un incendie détruit la salle de spectacle qui s'élève sur les fossés de l'ancien Hôtel de Ville (aujourd'hui cours Victor-Hugo), la ville de Bordeaux ne possède plus de théâtre.

La politique d'embellissement urbain mise en œuvre par les intendants Boucher et Tourny a déjà transformé la cité médiévale en 1773 : la création des places Royale, Dauphine, d'Aquitaine, des Allées de Tourny et du Jardin public s'inscrit dans cette philosophie des Lumières, donnant une nouvelle respiration à la ville, en pleine expansion économique et démographique.

Trois hommes vont conjuguer leurs efforts, malgré toutes les difficultés, pour donner à la capitale de la Guyenne un monument qui soit digne d'elle : le Maréchal de Richelieu, gouverneur de la province ; Dupré de Saint-Maur, intendant de la généralité ; Victor Louis, architecte.

C'est ainsi que le Grand-Théâtre, dont les plans sont tracés et les travaux commencés en 1773, s’élève sur les glacis du château Trompette à l'emplacement du forum gallo-romain où se trouvait le temple antique des Piliers de Tutelle. Son architecture est souvent considérée comme archétype du style néo-classique. La construction de la nouvelle salle de spectacle s’étendit sur plus de cinq ans et connut de nombreux rebondissements avec un coût total qui dépassa le chiffre fixé par Louis de 2 436 629 livres. Le théâtre est inauguré le 7 avril 1780, par une représentation d'Athalie de Racine devant une salle bondée où se pressent 1 700 spectateurs.

Classé monument historique en 1899, son acoustique exceptionnelle, due à la carcasse de bois qui l'enveloppe, s'ajoute à la valeur esthétique de l'ouvrage. Sur sa façade, 12 colonnes corinthiennes. À leur sommet, 9 muses et 3 déesses de la mythologie antique, imaginées par Pierre Berruer, fixent l'horizon. Le grand escalier inspirera Charles Garnier pour le dessin de celui de l’Opéra de Paris près d’un siècle plus tard.

Les années 1990 et 1991 marquent un véritable tournant dans l'histoire du théâtre : afin d'effacer l'outrage des ans et de permettre une adaptation aux exigences de la scénographie moderne, de vastes travaux de restauration sont réalisés avec un respect constant de l'âme du bâtiment. Une transformation touche la salle de spectacle. Pour plus de clarté et d'éclat, l'habillage vieil or et rouge qu'avait imposé le 19e siècle disparaît, remplacé par le décor d'origine où se mêlent bleu, blanc et or.

Le Grand-Théâtre se présente aujourd'hui dans sa pureté architecturale comme l'un des plus beaux monuments d'une cité qui peut s'enorgueillir, au milieu de toutes les splendeurs dont les siècles passés l'ont parée, de posséder un ensemble unique de l'art du 18e siècle.

Adresse

Place de la Comédie

33000 Bordeaux

Localisation

Galerie

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