Saintes: le patrimoine, un art de ville

Saintes, ville de 28 000 habitants environ, s’est constituée et renouvelée au creux d'une des boucles du fleuve Charente, qui détermine un maillage singulier ainsi qu’un paysage urbain de qualité et harmonieux marqué par la pierre calcaire et la tuile canal. Cette qualité, conjuguée à la volonté politique de faire du patrimoine un enjeu majeur pour le territoire, a entraîné la labellisation Ville d’Art et d’Histoire de Saintes en 1989 et la création d'un site patrimonial remarquable dès 1989.

Consciente des enjeux que représente l’appropriation de l’architecture et du patrimoine par les habitants, la ville s’est ainsi engagée dans une démarche active de connaissance, de conservation, de médiation et de soutien à la qualité du cadre de vie.

L’occupation du site, sur les hauteurs du plateau en bord de Charente au sud de la ville actuelle, est attestée dès le néolithique. Les Santons, peuple gaulois occupant la région vraisemblablement à partir du IIIe siècle avant Jésus Christ, allaient donner leur nom à la Saintonge et à la ville de Saintes.

La conquête romaine bouleverse le territoire. Les Romains créent une cité sur les bords de la Charente dès le règne d’Auguste, inspirée directement des grandes cités impériales romaines: la ville, d’une centaine d’hectares, est structurée par des axes perpendiculaires déterminant les îlots d’habitation, d’artisanats, d’activités. Pour marquer l’importance de la cité, qui comptait à la fin du Ier siècle environ 15 000 habitants, les Romains la dotent d’une parure monumentale d’une très grande qualité et de grands équipements, tels l’Amphithéâtre, les thermes, l’aqueduc et les vestiges du musée archéologique.

Mais dès le IIIe siècle, la ville en déclin se rétracte dans la boucle de la Charente rive gauche, à l’intérieur d’un rempart qui marque sa physionomie jusqu’à la Révolution. Saintes, siège épiscopal dès le Haut-Moyen Age, est touchée par les invasions. La ville, perdant son organisation romaine, prend peu à peu un visage et une structure médiévale: les immeubles sont construits en profondeur sur des parcelles étroites. Des faubourgs s’organisent autour de sanctuaires importants abritant les tombeaux des premiers évêques, dont celui saint Eutrope, sur la route de Saint-Jacques–de-Compostelle. Rive droite, un autre faubourg se développe autour de l’Abbaye-aux-Dames, abbaye bénédictine de femmes, qui affirme l’importance de Saintes en tant que pôle spirituel. Au XIe siècle, la ville, désormais intégrée au duché d’Aquitaine, voit la consolidation de ses remparts et l'érection d'un château-fort sur la butte du Capitole.

La Guerre de cent ans, puis les guerres de religion, touchent durement Saintes, qui trouvent tout de même les ressources pour entreprendre l’immense chantier de reconstruction de la cathédrale Saint-Pierre.

Au XVIIe siècle, les fortifications de la ville sont modernisées et de nombreux hôtels particuliers sont édifiés en pierre calcaire et couverts de tuiles canal ou d’ardoise pour les plus imposants, constitués soit de volumes simples, soit dotés d’ailes et de pavillons.

Le développement urbain s’accélère au XVIIIe et XIXe siècle. Après la création de nouvelles voies de circulation, de grands équipements, tels que le théâtre et le Palais de Justice, et la construction d’immeubles de rapport le long de ces axes complètent cet aménagement. Rive gauche, le commerce du cognac attire de grands négociants qui s’installent dans des hôtels particuliers au profil de châteaux en bordure de Charente. La création de l’avenue Gambetta dans le prolongement du cours national et l’ouverture de la gare en 1867 transforme la rive droite. Outre l’aménagement du Jardin public en bord de Charente, sont construites de nombreuses infrastructures liées au chemin de fer qui transforment l’espace urbain et entraîne une forte expansion de la population.

Au XXe siècle, le cœur de ville est marqué par la réhabilitation des grands équipements, l’Hôtel de Ville, le théâtre, la médiathèque, l’Abbaye-aux-Dames qui introduisent des créations contemporaines et nourrissent le renouvellement de la ville sur elle-même et son adaptation aux enjeux contemporains, sans rompre le fil avec l’existant.

Les enjeux du label, en lien avec la politique culturelle de la ville de Saintes :

  • Sensibiliser les habitants, usagers et visiteurs à la culture sous toutes ses formes
  • Développer les actions pour le jeune public
  • Valoriser les savoir-faire de Saintes et les faire rayonner
  • Renforcer les passerelles artistiques entre musique classique et actuelle, patrimoines, musées.
  • Être un pôle ressource sur la culture et le patrimoine, favoriser la recherche scientifique
  • Proposer une approche transversale et décloisonnée de la culture et du patrimoine
  • Refonder des outils de médiation incluant les nouvelles formes de transmission (sensorielle et participative)
  • Favoriser les projets en partenariat et en porter directement.

 

 

Adresse

L'Hostellerie

11 rue Mauny (accès par la place de l'Echevinage)

17100 SAINTES

Localisation

Galerie

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