Pays d'art et d'histoire de Saint-Jean de Luz et Ciboure

On ne saurait comprendre le paysage, l’histoire, l’architecture et le développement de la baie de Saint-Jean-de-Luz et Ciboure sans prendre en compte l’omniprésence de l’océan, créateur des plus grandes richesses comme des plus grandes ruines.

Petits et grands, habitants ou visiteurs, amateurs ou simples curieux, le programme de découverte du Pays d’art et d’histoire vous invite depuis l’été 2016 à pousser les portes dérobées et partir à la découverte de son histoire et ses patrimoines. Visites patrimoniales, visites contées ou théâtralisées, cycle de conférences ou pause patrimoine sont autant de rendez-vous permettant de découvrir la richesse des patrimoines du territoire : de la cité corsaire aux villas balnéaires en passant par l’activité du port et les ouvrages de protection de la baie.

Du XIIe au XVIe siècle, un territoire marqué par les conflits avec l’Espagne

Si un premier foyer de peuplement est attesté au XIIe siècle dans ce havre fragile, c’est véritablement avec le développement de l’activité du port et de la pêche que l’urbanisation de la baie s’intensifie. Au début du XVe siècle, les deux villes sont comme toute l’Aquitaine sous domination anglaise depuis 1152. Situées à quelques lieues de l’Espagne, elles subissent les conséquences des conflits qui opposent Navarrais et Castillans, alliés des Anglais, aux Français et sont à plusieurs reprises assiégées et pillées pendant la guerre de Cents ans. En août 1558, les troupes espagnoles incendient une fois encore la ville. Seule la maison « Esquerrenea » et les bases de l’église échappent aux flammes. A la fin du XIV, les marins basques, poursuivant les baleines découvrent à Terre-Neuve d’immenses bancs de morues. La prospérité de la baie, suivie de la création de la commune de Ciboure en 1603,  annonce un nouveau siècle florissant.

 

XVIIe siècle, le siècle d’or

Les demeures d’armateurs du XVIIe et XVIIIe siècle qui nous sont parvenues témoignent alors de la prospérité du territoire grâce à l’essor de la pêche à la baleine et à la morue auquel s’ajoute les guerres de courses au milieu du XVIIe siècle. Dans un même mouvement, ce siècle est marqué par  l’agrandissement de l’église de Saint-Jean-Baptiste et la création de l’église Saint-Vincent, emblématiques de l’architecture religieuse basque.

En 1611, à la suite des procès de sorcellerie, le lien entre Luziens et Cibouriens se veut renforcé par la création d’un couvent de l’ordre des Récollets, situé sur la presqu’île au milieu du port. Parallèlement la baie s’étoffe d’éléments architecturaux liés à l’activité maritime comme les phares, feux d’alignement et le creusement du port de Socoa. Pour protéger ce port, un fort militaire est construit en 1627 puis modifié par l’ingénieur Ferry suivant les plans de Vauban.

 

XVIIIe siècle, déclin économique et menace de l’océan

Après avoir tiré leur fortune de l’océan, Saint-Jean-de-Luz et Ciboure ont eu à subir les conséquences de ses attaques. Les tempêtes ayant progressivement érodées leurs bases, les falaises et la dune qui protégeaient la baie commencent à s’effriter à la fin du XVIIe siècle. Un premier système de protection composé de digues est construit à partir du XVIIIe siècle sur des plans de Vauban. Les travaux arrêtés sous la Révolution, font disparaitre cette protection. A cette calamité naturelle s’ajoute le déclin de la pêche, réduite par le traité d’Utrecht. Cependant, dans la seconde moitié du siècle, la pêche à la sardine permet de relancer l’activité du port et d’installer des manufactures de salaison.

 

XIXe siècle, développement urbain et naissance des bains de mer

Au XIXe siècle, les villes investissent les abords de leur cœur historique avec la construction d’un second pont puis le comblement des marais qui permettent la création de nouveaux quartiers, symbole local de la révolution industrielle de la pêche et du développement du commerce. Grâce au soutien de Napoléon III, la baie est enfin mise en sécurité avec la construction des digues de Socoa, l’Artha et Sainte-Barbe à partir de 1863. Si l’économie de la pêche a jusqu’alors façonné la physionomie des villes de Saint-Jean-de-Luz et Ciboure, le tourisme balnéaire va à son tour profondément modifier le paysage urbain avec l’apparition de villas et jardins sur les collines (Bordagain, Socoa et Aice Errota) et la création d’équipements de loisir propres à cette activité. Mallet Stevens, Pavlovsky, William Marcel, Hiriart, Godbarge ou encore les frères Gomez, font de la baie un véritable laboratoire d’architecture aujourd’hui indissociable de l’identité du territoire.

 

Du XXe siècle à nos jours, densification, industrialisation et protection

Le développement de la baie s’est poursuivi au XXe siècle sous  la forme d’ensembles résidentiels massifs, accentuant la tendance à la densification du territoire. Au côté du tourisme grandissant, la pêche s’organise autour des conserveries puis évolue à partir de 1950 par de nouvelles expéditions à Dakar faisant de de Saint-Jean-Luz et Ciboure le premier port thonier de France. Aujourd’hui, les outils de protection du patrimoine mis en place par les deux communes favorisent la sauvegarde de ce patrimoine bâti remarquable en donnant des règles et recommandations, pour le restaurer dans le respect de l’écriture architecturale et des matériaux.

Adresse

Hôtel de ville
Place Louis XIV
64500 SAINT-JEAN-DE-LUZ

Localisation

Galerie

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