Pays d'art et d'histoire du Mellois en Poitou

Terre au carrefour des arts, de la création et de l’histoire.

Au cœur du Poitou, le territoire est à la croisée de différentes influences historiques, paysagères et culturelles. Cette situation lui donne un caractère fort, une personnalité riche au patrimoine varié, s’égrainant du Néolithique à l’architecture du XXIe siècle. C’est cette richesse et sa valorisation qui a valu au Mellois en Poitou le label Pays d’art et d’histoire en 2008.

L’Histoire le traverse et s’inscrit encore aujourd’hui dans le paysage : les traces gallo-romaines, la civilisation carolingienne, l’art roman, la Renaissance, le Grand siècle mais aussi le XIXe siècle, sa Révolution industrielle jusqu’aux manifestations de l’art Nouveau…

Les visites, les conférences, les spectacles et les ateliers... invitent à cheminer au grès des cours d’eau, du petit patrimoine, des 40 églises romanes, et d’autres pépites à explorer.

Découvrir ce territoire, c’est choisir la rencontre avec un certain art de vivre qui vous mènera là où vous ne vous y attendiez pas. Il est bon de se perdre dans le Mellois en Poitou !

 

Une histoire protestante forte, marqueur dans le paysage

Visiter le Mellois en Poitou, c’est s’inviter à un voyage au cœur de témoignages rares dans notre région, notamment par la découverte du patrimoine protestant marqueur du paysage par la présence de ses cimetières familiaux que l’on devine dans les jardins, des temples et des pins parasols, insolites dans ce pays du châtaigner.

 

La diffusion du protestantisme jusqu’aux affrontements

Le passage de Jean Calvin en 1534 (Poitiers) influence durablement le territoire qui édifie son premier temple en 1547, à Prailles. Le mouvement humaniste relaie aussi les attentes des protestants. Mais ce contexte favorable ne dure qu’un temps. La répression contre les mouvements réformés s’intensifie. Malgré la rencontre au château de La Mothe-Saint-Héray, de Catherine de Médicis et Henri de Navarre, les deux partis ne s’entendent pas et les affrontements se multiplient : l’abbaye royale de Celles-sur-Belle est attaquée en 1568, Melle en 1559.

Si l’édit de Nantes tempère la situation en accordant aux protestants la liberté de conscience et de culte (limitée) et l’égalité civile, le XVIIe siècle renverse très vite cet apaisement. La Révocation de l’édit de Nantes, en 1685, bascule la situation dans une répression féroce orchestrée par Louis XIV et Colbert. Le Mellois en Poitou se souvient encore des dragonnades, ces attaques de soldats, cavaliers royaux, qui convertissaient de force la population huguenote. L’épisode du Grand Ry en est un témoignage douloureux.

 

Une vie clandestine qui s’inscrit toujours dans le paysage

Le paysage de bocage du territoire est propice alors aux protestants qui s’y cachent pour célébrer des assemblées, le Désert, ou pour préparer un départ vers des pays amis. Les chemins creux que l’on peut parcourir encore aujourd’hui, transmettent cette histoire de la clandestinité. Le Musée du Poitou protestant en relaie l’histoire, par une véritable immersion dans le temps. Des personnalités tel Jean Migault ou la prédicante Marie Robin font entendre leurs voix jusqu’à l’exile.

 

Au cours de cette période, n’ayant pas d’existence civile, les protestants enterrent leurs morts nuitamment, hors des cimetières qui leur sont interdits. Ce n’est qu’à partir de la Révolution, que le droit d’inhumation dans les cimetières communaux est promulgué. Malgré tout, les familles continuent d’entretenir des cimetières particuliers, dans les jardins. Les tombes sont désormais édifiées au grand jour, marquées par des pierres tombales au décors recherchés. Entourés de murets, de buissons de buis, plantés de cyprés… il n’est pas rares d’en découvrir au gré de ses balades.

 

Le pin parasol, une empreinte dans le paysage

Le pin parasol, insolite dans notre région, est devenu malgré tout un arbre identitaire. Selon la tradition, ces arbres indiqueraient des « maisons amies ». Les spécimens toujours debout aujourd’hui ont été plantés au plus tard au XIXe siècle, comme arbre de la Liberté retrouvée. Certains ont été plantés après la tempête de 1999.

La pigne est un élément de décor que l’on retrouve dans les temples ou sur les tombes.

 

L’architecture protestante, le temple

Les édifices du Mellois en Poitou sont de plan rectangulaire, en référence aux représentations du temple de Salomon mais aussi en souvenir des granges qui accueillaient les assemblées clandestines. Tous datent du XIXe siècle sauf celui de Beaussais qui occupe l’église romane.

Le temple étonne par la modestie de son décor et la simplicité de ses lignes. La lumière pénètre généreusement pour faciliter la lecture des textes saints. La parole est privilégiée, diffusée depuis la chaire.

 

La Contre-Réforme ou la réaction catholique

Si le territoire est marqué par l’histoire protestante, son paysage est aussi révélateur de la réaction catholique que l’on nomme Contre-Réforme, impulsée par le concile de Trente au XVIe siècle. Le plus beau témoin est l’abbaye royale de Celles-sur-Belle. Son clocher marque les alentours, dans un contexte qui propose des villages sans églises. La restauration des bâtiments conventuels et de l’abbatiale au XVIIe siècle par François Le Duc, propose un programme classique pour l’abbaye et gothique pour l’église. Le soleil que l’on retrouve sur la clef pendante de la croisée du transept est bien une affirmation du pouvoir : un roi, une foi, une loi. L’abbaye s’impose au regard et sur les esprits.

 

Aujourd’hui…

Les temples, les pins parasols, les cimetières privés, les reconquêtes catholiques se lisent toujours dans le paysage. Il reste aussi de cette histoire le mouvement coopératif qui a donné naissance, à partir du XIXe siècle, notamment aux coopératives laitières, aux sociétés mutuelles (la MAIF, par exemple) ou encore au journal La Concorde, véritable « coopérative intellectuelle ».

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