RE, ILE D'ART ET D'HISTOIRE...

L’île de Ré s’est construit une image tantôt mystérieuse, tantôt merveilleuse. Territoire convoité, son histoire mouvementée a donné naissance à un riche patrimoine historique : une architecture militaire multiséculaire, de nombreux édifices religieux, un bâti traditionnel dont les couleurs sont reconnaissables entre mille, mais également une faune et une flore à la diversité exceptionnelle. Découvrir ce territoire de 85 km² et 10 villages  constitue un véritable voyage au cœur d’une mosaïque de paysages et d’architectures…

 

Une nature préservée

L’île de Ré offre une multitude de traits de caractère issus de son évolution naturelle mais également du façonnage opéré par la main de l’homme. Bordée par plusieurs longues plages de sable fin cachées derrière les dunes, l’île renferme également de nombreux espaces boisés dont le plus emblématique reste le bois de Trousse-Chemise, planté en 1870.

Certaines zones particulièrement fragiles où terre et mer parfois se confondent, bénéficient d’une attention particulière permettant de maintenir une faune et une flore exceptionnelle (sites RAMSAR et Natura 2000). Ainsi, la réserve naturelle de Lilleau des Niges créée en 1980 et gérée par la LPO est un lieu d’escale essentiel pour nombre d’oiseaux migrateurs et par ailleurs un milieu favorable où plus de 150 espèces végétales sont représentées.

Un patrimoine religieux exceptionnel

A partir du XIIe siècle l’installation des moines à l’abbaye des Châteliers accompagne le développement économique du territoire. Les ruines de cet édifice, un des plus vastes ensembles cisterciens du Centre-Ouest, sont visibles depuis le grand large. A l’instar des clochers, les murs de l’édifice, peints en noir et blanc ont servi d’amer au bateau tout au long du XIXe siècle. Seul le clocher d’Ars-en-Ré conserve sa bichromie qui en fait un repère incontournable du paysage rétais.

A la suite des périodes de troubles des Guerres de religion, les églises de l’Ile de Ré vont être, pour la plupart, restaurées, agrandies et embellies. Elles vont se parer de nombreux objets d’art, statues, décors sculptés, peintures, maquettes de bateau…. Les ex-voto marins sont d’ailleurs nombreux à décorer encore les églises rétaises, notamment à La Flotte ou à Loix.

Ré, une position militaire stratégique

Des premières décisions prises pour fortifier ce territoire si convoité, ne subsiste aujourd’hui que le fort de La Prée, dernier témoin du siège de 1627.

Suite à la création de l’arsenal de Rochefort par Louis XIV en 1666, Vauban est chargé par le roi d’organiser la défense du nouveau port militaire. Dans cet élan, forts, redoutes, citadelles, phares viennent structurer la défense du territoire rétais. Trois premières redoutes – toujours visibles – sont réalisées en 1674 : à Sablanceaux, au Martray et aux Portes-en-Ré. Puis, en 1681, l’ingénieur préconise de faire de Saint-Martin-de-Ré une véritable place forte. Une citadelle est bâtie disposant de son propre port, d’une caserne, d’une chapelle et d‘un arsenal. Autour de la ville, une enceinte comprenant bastions et demi-lunes permet d’abriter l’ensemble de la population rétaise en cas de siège. Partout, les décors et l’architecture célèbrent le pouvoir royal.

Depuis 2008, les fortifications de Saint-Martin-de-Ré sont inscrites sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO aux côtés de 11 autres sites emblématiques réalisés par Vauban.

A partir de 1941, les troupes allemandes de La Rochelle entament la construction d’une base sous-marine dans le port de La Pallice. Parallèlement, ils en assurent la protection par une série de batteries d’artillerie, et de blockhaus d’infanterie. Ni attaquée, ni bombardée, l’île de Ré, maillon fort du Mur de l’Atlantique conserve aujourd’hui un très grand nombre de ces vestiges demeurés intacts.

Traditions rétaises

Marquée par une forte histoire agricole, l’ile de Ré se partage entre vignes et marais, Aux détours des rues de Sainte-Marie-de-Ré ou du Bois-Plage-en-Ré de grandes maisons aux nombreuses fenêtres et à la grande porte charretière sont héritées de la tradition viticole de l’île. Au Nord, la zone du fier d’Ars et de la fosse de Loix forme une mer intérieure autour de laquelle se sont développés les marais salants à partir du XVe siècle et par la suite les exploitations ostréicoles. Au-delà de leurs fonctions économiques, les marais salants et les vignes font partie intégrante de l’identité rétaise.

Par ses richesses économiques, l’île gagne, à partir du XVIIIe siècle, une position centrale dans le système commercial atlantique. Saint-Martin-de-Ré et La Flotte deviennent ainsi de hauts lieux d’échange et des ports de renoms pour les navires transportant des produits importés du Nord de l’Europe et des Amériques venus s’approvisionner en sel et en vin.

Curiosités du patrimoine traditionnel rétais, les écluses à poisson sont un témoin de la solidarité insulaire mais également des pratiques de pêche de ces «  paysans de la mer ». Construites vraisemblablement à partir du XIIIe siècle, les écluses demandent plusieurs mois de travail collectif. Ce système de piège à poissons fixe présente un mur en forme de fer à cheval de plusieurs centaines de mètres de long. Submersibles à marée haute, elles emprisonnent le poisson quand la marée redescend. Une dizaine d’ouvrages sont encore en place sur les côtes rétaises.

D’une rive à l’autre

Depuis la fin du XIXe siècle, l’île est le lieu des retrouvailles dans la maison familiale ou la terre sauvage pour se cacher de la vie mondaine dans de petites maisons rachetées aux sauniers. Cette spécificité dans la pratique touristique a entraîné l’absence de témoignages d’architecture balnéaire si ce n’est quelques exemples isolés à La Couarde-sur-Mer, où Mistinguette possédait un chalet, à Rivedoux-Plage ou aux Portes-en-Ré.

En cette fin de siècle, le nouveau phare des Baleines construit en 1854, est l’attraction principale de l’île. Du haut de ses 59 mètres, les touristes peuvent découvrir une vue panoramique époustouflante. Au pied de la tour, un hôtel-restaurant, un musée et des boutiques de souvenirs ouvrent déjà leurs portes…

Depuis 1835, une liaison régulière est ouverte entre La Rochelle et l’île de Ré. A partir des années 1850, le trafic passager entre la Repentie (Laleu) et Rivedoux s’accroît rapidement jusqu’en 1890 et la destruction du petit port de La Repentie. Quelques années plus tard, la liaison se fait finalement entre le port de La Pallice et la pointe de Sablanceaux où un nouvel appontement a été aménagé. Reconstruit à de nombreuses reprises et dorénavant inutilisé il a été préservé.

Divers problèmes récurrents des liaisons maritimes par bac posent, dès 1958, la question de la construction d’un pont pour l’accès à l’île.

En 1988, un trait d’union long de trois kilomètres, composé de 28 piles, de 50 000 m3 de béton et de 6 000 tonnes d’acier est inauguré. Il simplifie la vie des insulaires et accompagne également une forte politique de protection du cadre de vie puisque l’écotaxe qu’il génère permet de mettre en œuvre de nombreux projets de préservation et de valorisation de l’environnement.

Un patrimoine préservé et valorisé...

Depuis de nombreuses années, les élus rétais s’engagent pour la protection de ce patrimoine culturel et naturel. Le classement des fortifications de Saint-Martin-de-Ré à l’UNESCO ou encore l’attribution par le Ministère de la Culture du label Pays d’art et d’histoire sont des exemples forts de la volonté de protéger et de valoriser ces témoins de l’histoire de l’île. Protégée, mais en aucun cas figée, l’île de Ré se construit et se réinvente jour après jour.

Adresse

Communauté de communes de l'Ile de Ré

3 rue du Père Ignace - CS 28001

17410 SAINT-MARTIN-DE-RE

 

Localisation